Migration de main-d’œuvre

Droits des travailleurs et travailleuses migrantes : la première Conférence Africaine sur les migrations de main d’œuvre appelle à l’action

Des recommandations pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des migrantes et migrants ont été proposées au terme de la Conférence

Article | 15 novembre 2023
Abidjan (Nouvelles de l'OIT) – La première Conférence Africaine sur les Migrations de Main-d'œuvre organisée conjointement par l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’Union Africaine s’est tenue du 18 au 20 octobre 2023 à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Une action et position communes en faveur de la protection des droits des Travailleurs Migrants

Cette Conférence visait à réfléchir sur la nécessité de mettre en œuvre des politiques appropriées et des actions pratiques en utilisant une approche régionale pour relever les défis communs auxquels sont confrontés les travailleurs migrants africains.
A l’ouverture de la Conférence, Fanfan Rwanyindo Kayirangwa, Sous-Directrice Générale de l'OIT et Directrice régionale pour l’Afrique, a mis l’accent sur la pertinence du dialogue social. « Cette Conférence est l’occasion pour les parties prenantes participantes de se consulter et de réfléchir à la manière de renforcer les dialogues intrarégionaux et l'intégration régionale, mais aussi de s'engager dans des dialogues inclusifs avec certaines régions clés de destination, telles que les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). » a-t-elle déclaré.

Fanfan Rwanyindo Kayirangwa, Sous-Directrice Générale de l'OIT et Directrice régionale pour l’Afrique, mettant l’accent sur la pertinence du dialogue social.

Pour sa part, Sabelo Mbokazi, Chef de la Division du Travail, de l'Emploi et de la Migration de la Commission de l'Union africaine (CUA), a souligné l’importance d’une migration de main d’œuvre bien gérée. « Une migration de main-d'œuvre bien gérée peut apporter des avantages significatifs aux pays d'origine et de destination, notamment en accélérant l'intégration régionale et la libre circulation des personnes » a expliqué M. Sabelo.

Sabelo Mbokazi, Chef de la Division du Travail, de l'Emploi et de la Migration de la Commission de l'Union africaine (CUA),soulignant l’importance d’une migration de main d’œuvre bien gérée
La Conférence Africaine est une occasion pour faire avancer la cause des travailleurs migrants. Ces derniers étant confrontés à des difficultés, à des abus injustifiés dans le processus de migration et d'emploi, avec à la clé des salaires indécents, des mauvaises conditions de travail et de vie, un accès limité à la protection sociale, un déni de la liberté d'association et des droits des travailleurs, une discrimination et une exclusion sociale.

Des recommandations en 40 points

Face à ce constat moins reluisant pour les travailleurs migrants, Ndeye Coumba Diop, Spécialiste Migration de la Main d’Œuvre et de la mobilité au Bureau Régional de l’OIT pour l’Afrique, cheville ouvrière de la première Conférence Africaine sur les migrations de la main d’œuvre, aborde les recommandations prises à l’issue de la Conférence.
« A la fin de cette Conférence, les participants ont validé un communiqué assorti de plusieurs recommandations aux gouvernements, aux partenaires sociaux et à l’union africaine pour mettre en place des actions concrètes pour promouvoir la protection des droits des travailleurs migrants tout en essayant de renforcer la contribution de la migration de la main-d’œuvre au développement de l’Afrique ».

Ndeye Coumba Diop, Spécialiste Migration de la Main d’Œuvre et de la mobilité au Bureau Régional de l’OIT pour l’Afrique, cheville ouvrière de la première Conférence Africaine sur les migrations de la main d’œuvre
Des recommandations en 40 points, ont été adoptées par les participants mettant l'accent sur :

  •  La nécessité de fluidifier les Accords Bilatéraux de Travail (ABT) ;
  • Le recrutement équitable, dimension sexospécifique de la migration de main-d'œuvre ;
  •  L'extension de la protection sociale aux travailleurs migrants ;
  •  Le développement et la reconnaissance des compétences ;
  •  Le renforcement du dialogue et de la coopération intrarégionale et inter-régionale.
« Nous suggérons la mise en place d’une plateforme qui regroupe toutes les offres d’emploi à l’international contrôlée par l’Etat… » a proposé Ferdaoues Wertani, Coordinatrice nationale du projet Fair III au Bureau pays de l’OIT-Alger, au nom de son groupe de travail.

Ferdaoues Wertani, Coordinatrice nationale du projet Fair III au Bureau pays de l’OIT-Alger, l'une des participantes à la Conférence, faisant des recommandations au nom de son groupe de travail
Les participants ont également recommandé l'organisation régulière de la Conférence sur une base tripartite, précédée d'une réunion bipartite des partenaires sociaux et suivie d'une réunion ministérielle tous les deux ans, y compris la mise en place d'un système de suivi pour évaluer la mise en œuvre des décisions et des points d'action de la Conférence.

Cette Conférence de 3 jours a été organisée avec le soutien du Programme FAIRWAY , le programme intégré sur le recrutement équitable(FAIR III), le programme pour une meilleure gestion régionale des migrations ( Better Regional Migration Management (BRMM II) et le Joint Programme on Labour Migration Governance for Development and Integration in Africa (JLMP)

Ont pris par à la conférfence les représentants tripartites de gouvernements, d'employeurs et de travailleurs, venus de 15 pays d'Afrique notamment le Cameroun, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Maroc, le Nigeria, la Somalie, le Sud-Soudan, l'Ouganda, la Tunisie, l'Égypte, la Tanzanie, le Tchad ; de communautés économiques régionales (CER), telles que la CAE, la CEDEAO, l'IGAD, la SADC, la CEEAC, le COMESA, la CENSAD, l'UMA ; mais aussi de partenaires sociaux telles que l'OIE, CSI Afrique, l'OATUU.

Photo de groupe des participants à la conférence Africaine sur les migrations de main d'oeuvre